Nasdaq : chute des valeurs tech à la Bourse de New York

(Conception : Mathilde Hodouin – Réalisation : Amandine Victor)

Big bada boum. La Bourse de New York vient de plonger comme Leeloo dans Le Cinquième Elément. Ce mercredi 5 janvier, la réserve fédérale (Fed) a publié les minutes de sa réunion de décembre. Compte tenu d’un marché de l’emploi « très tendu » aux Etats-Unis, la banque centrale américaine devrait relever les taux d’intérêt plus tôt que prévu et réduire son bilan pour maîtriser l’inflation. Les décideurs anticipent ainsi trois hausses de taux d’un quart de point en 2022. Ce tournant restrictif accompagne la fin des mesures de soutien pour compenser l’impact économique de la crise sanitaire. Le ton offensif a surpris les investisseurs, entraînant une forte chute des indices new-yorkais.

La tech plombe la Bourse de New York

Ce mercredi 5 janvier, ce sont donc les valeurs sensibles à l’évolution des taux — notamment les technologies — qui ont souffert. Les valeurs tech composent la majeure partie de l’indice Nasdaq Composite. Ce dernier a ainsi perdu plus de 3 % en une séance ce mercredi, soit sa chute la plus importante depuis février 2021 — avant de se stabiliser depuis. Les entreprises les plus spéculatives ont été les plu La séance de ce jeudi 6 janvier s’est révélée très volatile, le temps pour les marchés financiers de digérer les annonces de la Fed. Plusieurs indicateurs mitigés ont renforcé l’aversion au risque des investisseurs.

Les valeurs tech — en particulier les plus spéculatives — ont largement bu la tasse. Par opposition, les investisseurs ont beaucoup recherché les valeurs financières et bancaires dans l’anticipation des trois hausse de taux d’un quart de point prévues par la Fed en 2022. Dans le sillage de la hausse continue des cours pétroliers, les acheteurs ont également plébiscité les valeurs de l’énergie comme Occidental Petroleum (+2,98 %) rapporte Reuters. Ce vendredi 7 janvier, la Bourse de New York recule encore en cours de séance suite à la publication du rapport mensuel sur l’emploi aux Etats-Unis.

L’alpha et l’oméga du marché de l’emploi

Les minutes de la Fed de décembre « continuent de refléter des tensions inflationnistes sur un marché du travail tendu. Le rapport sur l’emploi souligne une nouvelle fois que la Fed va devoir s’attaquer à l’inflation sur fond de tension sur le marché du travail », explique Michael Arone, directeur de la stratégie d’investissement de State Street Global Advisors. Le rapport fait état de créations de postes moins nombreuses qu’attendu, mais d’une baisse du taux de chômage et d’une hausse marquée des salaires. Ces éléments vont dans le sens du scénario redouté par les investisseurs, celui d’une hausse très prochaine des taux de la Réserve fédérale.

L’économie américaine a créé 199 000 emplois non-agricoles en décembre, quand le consensus Reuters en prévoyait 400 000. En revanche, le taux de chômage recule de 3,9 % quand le salaire horaire moyen augmente de 0,6 % par rapport à novembre dernier. Après les chiffres de l’emploi, le rendement des bons du Trésor à dix ans est en hausse de près de deux points de base et le deux ans atteint son plus haut niveau depuis mars 2020. Mais sur les marchés actions, les valeurs technologiques sont de nouveau pénalisées par la perspective d’une hausse du coût du crédit. Une tendance de court ou de long terme ?